Numérique fribourgeois: «Le décor est planté et a fière allure»

Numérique fribourgeois: «Le décor est planté et a fière allure»

Mercredi 2 octobre, le deuxième Café scientifique de la saison s’interroge sur la révolution numérique au sein des institutions. La Suisse et ses administrations peuvent-elles suivre le rythme effréné de l’évolution numérique? Sommes-nous prêts à affronter ces nouveaux défis et à protéger les citoyens de ses éventuels dangers? Alexandre Gachet, directeur IT, a accepté de répondre à quelques questions.

On parle toujours de révolution numérique. Cela paraît bien peu compatible avec une application institutionnelle… Comment faire pour adapter ses deux notions l’une à l’autre ?
Il s’agit précisément d’un enjeu fondamental de la numérisation aujourd’hui! En ouverture de la conférence nationale «Suisse numérique», qui s’est tenue au début du mois de septembre, le Président de la Confédération Ueli Maurer a rappelé que si la Suisse est à la pointe de la recherche et du développement dans le numérique, elle reste en milieu de peloton en ce qui concerne son application dans la vie de tous les jours. Pour combler cet écart, il faut renforcer les conditions cadres favorisant l’application du numérique, notamment au travers d’une législation et d’investissements appropriés. La stabilité politique de la Suisse est certainement un atout dans ce domaine. A l’inverse, son fédéralisme peut parfois jouer un rôle de frein dans l’application du numérique. Il y a potentiellement autant de stratégies numériques que de cantons, sans oublier la stratégie de la Confédération…

Le numérique évolue à très grande vitesse, l’Etat est-il capable de suivre un tel essor, voire de le devancer ?
Le numérique se caractérise par ce qu’on appelle les trois «V» : volume, vitesse et variété. Il est donc indéniable que la vitesse en est et en restera un élément constitutif. Cela dit, il ne faut pas se laisser obnubiler par cette vitesse, et surtout ne pas la laisser se muer en précipitation. On constate parfois une certaine tendance à l’évaporation de principes fondamentaux dès qu’on parle de numérique! Or la société est en train de prendre la pleine mesure des côtés sombres de la numérisation, notamment dans le domaine de la protection des données. L’Etat doit donc s’assurer que le numérique ne mette pas à mal la relation de confiance établie avec les citoyennes et les citoyens. Suivre l’essor du numérique est possible, mais demande des investissements importants, notamment en termes d’éducation et de formation.

Où en est le Canton de Fribourg ?
Fribourg a publié il y a une année son plan directeur de la digitalisation et des systèmes d’information, qui se veut un instrument au service de l’administration numérique. Ce document est bien né et pose les bases d’une cyberadministration transversale et sûre, plaçant l’humain au centre de la réflexion technologique. Des investissements importants ont été consentis par les politiques et les organes de gouvernance ont évolué pour s’adapter à la réalité du numérique. Le décor est planté et a fière allure. Il faut désormais que la pièce se joue.

Quel rôle l’Université peut-elle jouer dans ce processus?
L’Université est clairement un atout pour le Canton de Fribourg. La numérisation n’est pas qu’une affaire de technologie. Elle soulève aussi des questions légales, sociales, éthiques et de gouvernance. Fribourg bénéficie d’une université dite «complète ^», c’est-à-dire couvrant toute la largeur du spectre des disciplines académiques. Elle peut aider à trouver des réponses à toutes les questions énumérées. En outre, la numérisation va également générer d’importants besoins de formation continue. Là encore, l’Université est très bien équipée pour participer à ce processus, conformément à l’objectif de dialogue avec la société exprimé dans le récent programme d’activité du Rectorat. Enfin, l’Université a joué un rôle de précurseur en lançant en 2012 déjà la refonte de son système d’information, dans une logique de cyberadministration.

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Farida Khali

Exerce d’abord sa plume sur des pages culturelles et pédagogiques, puis revient à l’Unifr où elle avait déjà obtenu son Master en Lettres. Rédactrice en chef d’Alma & Georges, elle profite de ses heures de travail pour pratiquer trois de ses marottes: écrire, rencontrer des passionnés et partager leurs histoires.

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