17.01.2019

Endormir les cellules cancéreuses grâce au système immunitaire


Des chercheurs de l’Université de Fribourg ont démontré que les chimiothérapies utilisées dans le traitement du cancer du sein peuvent activer le système immunitaire de manière à endormir les cellules tumorales, réduisant ainsi le risque de récidive. Des résultats importants qui ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Le cancer du sein est un des cancers les plus fréquents en Suisse. L’ajout de thérapies après la chirurgie, telles que la radiothérapie ou la chimiothérapie, améliore sensiblement le taux de guérison. Il est communément considéré que les bénéfices apportés par les chimiothérapies adjuvantes sont dus à leur capacité à tuer directement les cellules tumorales restantes. L’équipe du Professeur Curzio Rüegg vient d’identifier un nouveau mécanisme qui permet aux chimiothérapies d’activer le système immunitaire pour qu’il induise un état de dormance, ou de sommeil prolongé, des cellules tumorales.

Un mécanisme semblable aux infections virales
Pour mieux comprendre les effets de la chimiothérapie adjuvante, les auteurs principaux de l’étude, Sanam Peyvandi et Qiang Lan, ont d’abord traité des cellules de cancer du sein avec des médicaments de chimiothérapie couramment utilisés chez les patientes. Ils ont alors testé le comportement des cellules survivantes. Les résultats ont démontré que ces cellules ne formaient que très peu de tumeurs et, de surcroît, avec une période de latence très longue. Ils ont ensuite démontré que les cellules tumorales préalablement traitées avaient acquis la capacité d’activer le système immunitaire par la voie des interférons, une voie normalement activée suite aux infections virales. Ils ont également constaté que les lymphocytes T, et les mécanismes moléculaires qui leur sont associés, sont nécessaires à cet effet protecteur. Enfin, les chercheurs de l’Université de Fribourg ont collaboré avec la Docteure Christine Desmedt de l’Institut Jules Bordet à Bruxelles pour prouver que les patientes traitées par chimiothérapie pour un cancer du sein qui développent une réponse immunitaire de type interféron avaient un meilleur bénéfice thérapeutique.

Originales et importantes, ces recherches démontrent ainsi que, chez certains patientes, la chimiothérapie induit une réaction immunitaire de type interféron, observée normalement au cours des réactions aux virus et que celle-ci est capable de provoquer un état de dormance prolongée des cellules tumorales restantes. Ces résultats ouvrent de nouvelles pistes pour améliorer l’efficacité des traitements adjuvants du cancer du sein.