MT180: les coulisses d’une victoire

MT180: les coulisses d’une victoire

Desirée König est la vainqueur de Ma Thèse en 180 secondes (MT180), un concours international où de jeunes chercheurs présentent en trois minutes le sujet de leur thèse à un public non-initié. Doctorante à l’Université de Fribourg, elle revient sur son parcours en trois étapes et nous confie les secrets d’une présentation qui fait mouche.

Intéressée par la communication scientifique, Désirée s’inscrit en avril au concours interne de l’Université. Son sujet de thèse? Les mécanismes de régénération des organes chez le poisson zèbre, un petit poisson qu’on trouve dans les aquariums privés ou, soigneusement étiquetés, dans le laboratoire d’Anna Jazwinska, professeure de biologie à l’Unifr. Qu’on lui coupe une nageoire ou qu’il fasse un infarctus, ses organes se reconstruisent en quelques semaines. Les traces de l’accident disparaissent totalement.

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Désirée n’a pas une grande expérience de la prise de parole en public. «J’ai seulement fait deux ans de théâtre amateur et je présente parfois mes travaux dans le département de biologie. Pour le premier concours, j’ai tenté une accroche qui rejoint les gens, afin qu’ils se sentent impliqués. Mon sujet a l’avantage d’être concret et de se laisser facilement illustrer. Ça a marché!»

Au niveau suisse, le concours est organisé par la Conférence Universitaire de Suisse Occidentale (la CUSO) qui offre un coaching aux candidats. «Nous avons surtout travaillé le fil rouge. Après l’introduction, l’enchaînement des idées manquait de fluidité. L’auditeur doit être embarqué sans peine dans le discours, il s’agit donc de réduire les obstacles sans entraver la rigueur scientifique. Le vocabulaire ne doit pas être trop technique non plus. Un bon exercice consiste à présenter son sujet sans utiliser de mot de plus de trois syllabes. Le jargon scientifique est souvent constitué de termes longs et fastidieux pour un public novice.»

Le secret: rester simple et naturel
Le coaching a aussi apporté une touche d’humour que Désirée n’avait pas osé. «L’humour, c’est à double tranchant. On peut gagner un auditoire, mais aussi le perdre si cela paraît forcé. Lors de la finale internationale, la troisième étape, le jury a retenu ma performance pour son authenticité. C’est vrai que j’ai simplement cherché à informer sans jouer de rôle. D’autres ont davantage théâtralisé leur prise de parole, au risque de devenir condescendant. Je ne voulais pas entrer dans ce côté show. Les gens qui ont envie d’apprendre, ceux qui s’intéressent à la science, n’ont pas besoin qu’on leur monte un spectacle. La science parle d’elle-même. C’est presque une question de respect.» Voici donc les secrets de Désirée: prendre au sérieux son public, rester naturelle et simple sur scène, dans son attitude comme dans ses propos. Facile? Pas si sûr.

Avant de reprendre le chemin de la vulgarisation scientifique, la jeune chercheuse se consacre aujourd’hui pleinement à sa thèse. Elle est occupée à soumettre une nouvelle version de son article scientifique sur le fameux poisson et ses capacités prometteuses pour l’avenir de la médecine. Espérons qu’elle saura embarquer sans peine les arbitres de la communauté scientifique dans un récit plus technique cette fois-ci.

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Gaël Monney

Après des études de physique et mathématiques à l'Université de Fribourg, il partage son temps entre une formation pour l'enseignement au gymnase, la rédaction finale de sa thèse de doctorat et la production de courts-métrages dans une start-up locale.

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Après des études de physique et mathématiques à l'Université de Fribourg, il partage son temps entre une formation pour l'enseignement au gymnase, la rédaction finale de sa thèse de doctorat et la production de courts-métrages dans une start-up locale.

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